64

La Polyclinique


 

Quand les choses se corsent un peu et que l'on pense radiologie, scanners, enlever la petite verrue plantaire, gérer des cataracte, faire une petite tournées des pros pour un check-up complet, la santé demeure ambulatoire. ll y a des polycliniques pour ça. La polyclinique est un centre multidisciplinaire d'examen, d'analyse et de traitement ambulatoires.

Une polyclinique regroupe toute une gamme de spécialistes en un seul complexe, pour la commodité des patients et afin de faciliter à tous ces spécialistes l'accès en commun aux services technique transdisciplinaires - radiographies, lasers, scanners, laboratoires, etc. Les spécialistes payés par capitation peuvent, nous l'avons vu, travailler en cabinet comme des médecins, mais la part de leur travail qui exige ces services techniques se fait nécessairement en polycliniques.

Quant aux spécialistes payés à l'acte, leurs interventions ponctuelles exigent la plupart du temps une infrastructure lourde. L'État doit raisonnablement la leur fournir, sans quoi l'efficacité et même l'utilité de leurs interventions deviendrait précaires. Ils DOIVENT être attachés à une polyclinique, autonome ou couplée à un hôpital. C'est pas le biais, d'ailleurs, que l'État gère la distribution efficaces des ressources humaines sur le territoire.

Le territoire est divisé en régions et dans chacune il doit y avoir un hôpital et une ou plusieurs polycliniques. Dans chaque polyclinique, la Régie de la santé crée le nombre de "postes" des diverses spécialités requis par les besoins du bassin desservi, chaque poste incluant la disposition d'un cabinet, le personnel infirmier, technique et administratif d'appoint et l'accès à tout l'équipement nécessaire. C'est en occupant l'un de ces postes que la vaste majorité des spécialistes peuvent exercer leur profession. Les spécialistes à l'acte exclusivement, les spécialistes payés par capitation pour la part de leur pratique qui dépend des équipements lourds.

Au sein de la polyclinique, il y a normalement au moins un spécialiste de chaque spécialité reconnue, parfois plusieurs. Le concept de base est qu'une polyclinique doit offrir l'expertise requise dans toutes les spécialités et que, s'il y a une expertise qui n'y soit pas disponible, le patient doit être référé aux frais de l'État à l'un des spécialistes qui possède cette expertise, où qu'il soit sur le territoire national. Pour des raisons de commodité évidentes, il y a donc un intérêt à créer, sur tout le territoire, un réseau aussi dense de polycliniques que le permettent les ressources humaines dont on peut disposer et de les doter chacune de l'expertise adéquate.

C'est à la polyclinique que le patient rencontre normalement ses spécialistes. La polyclinique est le lieu par excellence de tous les traitements. Les spécialistes de toutes les spécialités s'y côtoient et l'on souhaite qu'il y règne une convivialité encourageant la concertation et la consultation, les échanges qui sont un élément important de la vie professionnelle. C 'est ici, aussi, qu'on trouve les équipements techniques transversaux nécessaires aux autres spécialités, Radiologie, scanners, laboratoires. C'est là, aussi, quand il leur est référé, que le patient rencontre les généralistes qui agissent comme consultants auprès de son médecins et de ses spécialistes.

Ces contacts peuvent être spontanés, mais on les facilite en s'assurant qu'il y a toujours aussi, dans une polyclinique, plusieurs généralistes salariés de la Régie qui travaillent en étroite collaboration avec le médecin et les spécialistes de chaque patient, les généralistes qui leurs servent de conseils et les autorités administratives de l'établissement. Ce sont ces généralistes de la Régie qui assurent les interfaces, gardant la vision d'ensemble de chaque cas et s'assurant de la compatibilité de routine des traitements.

C'est à la polyclinique, également, que le patient reçoit le cas échéant les chirurgies de jour qui ne nécessitent pas d'hospitalisation, tout au plus quelques heures de repos, sans soins intensifs. La polyclinique a tous les équipements pour offrir tous les traitements compatibles avec le mode ambulatoire, mais, en revanche elle ne soigne pas et n'a pas pour vocation d'offrir des services d'urgence: cliniques et hôpitaux sont là pour ça.

La polyclinique donne aux spécialistes un point d'attache et l'accès aux équipements lourds de services transversaux. Ce sont les contraintes de la logistique qui suggèrent qu'une polyclinique soit créée, tenant compte d'un bassin de population à desservir et de la densité de peuplement. C'est le consensus populaire, dûment consulté comme nous l'avons vu ailleurs, qui détermine le seuil à partir duquel on y gagne, en rapport prix/qualité service, à réunir sous un même toit tous les spécialistes dont on a besoin. Ce seuil est variable, selon la richesse de la société et la priorité qu'elle accorde à sa santé. Quand ce seuil est atteint, une polyclinique s'impose.

Quand la polyclinique est là, elle peut en principe répondre à toutes les demandes de traitements. Ce sont les patients qui ne sont pas si faciles à traiter. La chair est faible. Le patient à besoin non seulement de traitements, mais de soins, avant, pendant et après le traitement. La médecine ambulatoire a ses limites, car la nature de la maladie couplée à l'état du patient peut réduire ou même interdire toute mobilité

On préfère ne pas amputer sur une table de cuisine, ni accoucher sur un banc public. On doit aussi éviter les déplacements inutiles quand on est grabataire, estropié, claudiquant, en relevailles, simplement trop faible pour se déplacer sans assistance ou un effort surhumain. Décommandé, aussi d'entreprendre une démarche ambulatoire trop jeune sans être accompagné ou, au contraire, si l'on est sénile, confus, agoraphobe, pathologiquement incapable de relever le défi d'aller vers la médecine.

Même si on souhaite privilégier une médecine ambulatoire, on n'évite pas les circonstances ou la maladie impose de relier la demande pour des traitements à laquelle répond la polyclinique à une demande pour des soins. Des soins en cure fermée, avec gite et couvert. Une polyclinique est une entité autonome, mais on peut l'intégrer à un lieu d'hébergement et ses services sont alors disponibles aux patients en cure fermée, comme à ceux qui viennent en mode ambulatoire y recevoir des traitements ponctuels.

L'hôpital est le prototype de ce genre d'établissements offrant traitements, soins et hébergement .


Pierre JC Allard

Vous pouvez maintenant commenter cet article au BLOG Nouvelle Société ! (Cliquer ici).



SUITE

Index Section S

Accueil

Index général

Mesurez votre audience

1