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Le champ de la santé


 

La demande pour la santé va exploser bien au-delà de ce que l'État va vouloir, ou même pouvoir payer. Il faut dissiper le malentendu, faire table rase des promesses inconsidérées qui ont été arrachées jadis à des gouvernements naïfs et réévaluer de façon rationnelle ce qu'il est possible et souhaitable de donner . Il faut revoir les notions de gratuité et d'universalité, redéfinir les rôles et voir l'ensemble des structures et des services de santé comme un système.

Les structures que nous avons ont été conçues il y a un siècle et mises en place il y a plus de cinquante ans. Le monde a changé, les modes de vie ont évolués les circonstances économiques, et les interactions sociales ne sont plus les mêmes et les priorités, sinon les besoins essentiels, sont bien différentes. Surtout, les outils dont nous disposons pour la santé n'ont plus beaucoup en commun avec ceux des débuts de la médecine « gratuite et universelle ». Il faut réviser quelques concepts qui déterminent la problématique et le fonctionnement de ces structures.

D'abord et avant tout, il faut redéfinir ce qu'on appelle le « système de santé ». L'individu ne s'intéresse à rien tant qu'à sa vie et à sa santé. Ses efforts pour améliorer celle-ci et prolonger celle-là font que se constitue, au sein de la société, un vaste champ d'activités pour la santé et le mieux-être. Le vrai « système de santé » ne se borne pas à guérir et ne se confond pas avec ce que l'État peut offrir ; un système de santé doit se définir à l'échelle de tout ce champ de la santé et du mieux être et doit être vraiment traité comme un SYSTÈME.

Le système de santé apparaît comme la somme des interactions entre tous les éléments mis en place dans la société pour favoriser le mieux-être physique et mental des individus. Il faut d'abord lui fixer ses frontières naturelles. Pour qu'il soit performant, il faut d'abord que soit délimité correctement le pourtour du champ de la santé.

Il faut reconnaître qu'en font partie et y réinsérer toutes les conditions préalables aux activités thérapeutiques au sens strict et celles indispensables qui les accompagnent. Ce qui apporte et maintient la santé doit être planifié et géré comme un tout en tenant compte de tous les éléments et de toutes les interfaces. L'ensemble des facteurs qui influent sur la santé constitue un SYSTÈME. Il faut les gérer comme UN système.

Il faut évidemment, aussi, élargir la notion de système de santé pour y inclure ses intrants fondamentaux que sont la « Recherche » et la « Formation ». C'est à ces conditions qu'on pourra avoir une allocation cohérente et équilibrée des ressources. Incontournable, car les rapports de cause à effet sont directs entre d'une part la connaissance que produit la recherche, les ressource humaines que produit la formation, les infrastructures, les équipements, les médicaments disponibles et, d'autre part, la gamme et le volume des services de santé offerts et la qualité des soins fournis.

Il faut inclure aussi, dans le champ de la santé, toutes ces activités sans lesquelles la santé n'est pas vraiment prise en charge, comme l'examen attentif de l'évolution de l'environnement et des divers milieux d'ambiance, les structures et méthodes correctes de diffusion de l'information concernant la salubrité, l'hygiène et la diététique, les mécanismes de prévision et de prévention et les protocoles de dépistage

Il faut réunir tous ceux qui prétendent guérir le corps ou l'esprit dans une vision globale de la prévention et de la guérison. Ce sont tous des travailleurs de la santé : des « thérapeutes ». C'est la somme de tous les services qu'ils rendent et de tout ce qui leur sert à les rendre qui constitue le système de santé. Il faut donc y joindre tous ceux dont les activités de recherche, de formation et de gestion administrative spécifique à la santé leur sont indispensables.

Plus important que tout, peut-être, il faut surtout accepter que traiter n'est pas une fin en soi, mais un simple moyen : le but du système de santé est de répondre à une demande de mieux-être. La demande est de « rendre bien ». Pour la satisfaire, le système de santé doit accorder d'emblée, à la notion de « prendre soin», au moins autant d'importance qu'à celle de «guérir ».

Le système de santé ne peut être pensé et géré correctement, que s'il est perçu et accepté comme cet ensemble. La perception populaire intuitive, d'ailleurs, est bien que c'est cet ensemble qui constitue un tout et qui doit être pris en charge. On doit, donc le reconstituer et y joindre certains aspects de la médecine qui en ont été exclus pour sauvegarder des principes ou des intérêts.

On doit réinsérer dans le système les disciplines pertinentes au bien être qui s'en sont détachées parce qu'elles ne semblaient par participer du tronc commun imaginé à priori aux disciplines médicales ou paramédicales. Celles aussi qui ont été mises à l'écart parce qu'une épreuve de force entre thérapeutes en a décidé ainsi pour protéger les intérêts de certains aux détriments des autres. Pour qu'on s'y comprenne en santé, Il faut que reviennent au bercail dentistes, optométristes, chiropraticiens, naturopathes, psychologues et beaucoup d'autres .

C'est tout ce système que l'État doit orienter pour qu'il constitue un ensemble cohérent et réponde aux vux de la population. Pour que nous ayons un système de santé qui réponde à nos besoins, l'État doit y assumer son véritable rôle qui n'est pas de faire, mais de faire aire. Conformément aux principes d'une Nouvelle Société, l'État ne s'implique pas directement dans la production ni la distribution des services eux-mêmes : son apport est organisationnel, arbitral et financier. C'est dans cette optique que l'État qui voit que sa mission est de SATISFAIRE va se doter d'une nouvelle structure AUTONOME pour gérer la santé.


Pierre JC Allard

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