07
Les concessionnaires exploitants
Une Nouvelle Société
veut une utilisation optimale des sols, selon leur spécificité
physique, ce qui permettra la production la plus efficace possible des
biens que veut en tirer la collectivité. Elle veut ensuite que le
travail qu'exige cette production soit rémunéré à sa juste valeur, les
gains de productivité profitant à ceux qui travaillent la terre plutôt
qu'à d'autres qui la possèdent.
Pour atteindre ces
deux objectif, la propriété du sol et de ses ressources ne doit pas
être cédée aux individus. Le droit d'exploiter ces ressources,
toutefois DOIT leur être concédé. Ce n'est pas la fonction de
l'État de produire, mais d'aider à produire. L'État qui a
repris la propriété du sol en concède le droits d'usage à ceux qui
peuvent et veulent l'exploiter.
Quand il
devient propriétaire des ressources, la politique de l'État
est d'en confier l'exploitation à qui peut en prendre charge et, toutes
choses étant égales, son premier choix doit être de confirmer
l'individu ou l'entreprise dont on vient de récupérer la propriété dans
ce rôle dont ils ont fait fait la preuve qu'il peuvent s'acquitter.
La
DGAT qui reprend les terres en concède prioritairement l’usage à ceux
qui en étaient les propriétaires avant la reprise et qui, s’ils en font
la demande, en deviennent alors désormais sans discusssions les
concessionnaires exploitants, sous seule conditions de les
exploiter selon leur destination au moment de la reprise.
Ensuite, seulement, elle concède sous la même condition
l'usage des terres inexploitées à quiconque veut bien en tirer un
produit.
Quelle est la situation de
celui qu'on vient - n'ayons pas peur des mots - de déposséder
des ses droits fonciers, mais qui demeure propriétaire des bâtiments et
de son exploitation, ainsi que de ce nouveau droit d'usage qu'on lui
concède sur le sol ? Il peut tirer de son exploitation, la
même jouissance et le même profit qu'auparavant. Il n'est simplement
plus le propriétaire, mais le concessionnaire des ressources naturelles
qui sont la matière première de son exploitation.
Il
est donc dépendant de la disponibilité de ces ressources, auxquelles il
ne peut avoir accès qu'avec l'accord de l'État, en en payant la valeur
ou en faisant autrement participer l'État à l'opération, mais l'intérêt
de la collectivité que représente l'État n'est pas de le priver de ces
ressources, mais au contraire de lui en faciliter l'accès sous réserve
du bien commun. Une réserve qui concrètement signifie qu'il sera aidé
comme exploitant, mais contrecarré dans ses projets s'ils ne sont plus
de production, mais de spéculation.
Cela sera dit en
toute candeur, car l'État d'une Nouvelle Société vise à la
transparence. L'ex-proriétaire dont la propriété servait à
l'industrie ou au commerce sera reconduit avec empressement dans son
rôle d'exploitant. Devenu concessionnaire, il verra d'abord avec
plaisir que la reprise par l'État de sa propriété foncière a pour
premier résultat de réduire son patrimoine - sur lequel le fisc d'un
Nouvelle Société viendra chaque mois chercher son dû, puisque l'on est
en régime d'impôt sur le capital - mais de le réduire sans avoir
modifié en rien son capital fixe ni sa capacité de production.
Le
concessionnaire produit tout autant avec un investissement moindre; le
retour sur son investissement est donc plus élevé. Une bonne nouvelle,
mais un gain éphémère, puisque, ce qu'il retire de son
entreprise étant identique ce qu'il en retirait qu'avant la reprise des
sols, il est à prévoir que la valeur cumulée des actifs
qu'ils conserve et du droit d'usage (concession) qu'on lui a accordé
tendra à rdevenir celle, qu'avaient ses actifs incluant ses biens
fonciers avant que la DGAT ne reprenne la nue-propriété du sol.
Mauvaise
nouvelle que ce pactole ne dure pas, mais qui ne fait que mettre en
évidence que ces propriétés foncières, qu'il percevait comme les
éléments les plus significatifs de la richesse à son bilan, n'avaient
aucune autre valeur réelle que ce droit d'usage qu'on ne lui a PAS
enlevé ! Elles avaient aussi, bien sûr, la vertu de lui
permettre de spéculer sur le symbolique, le virtuel et l'imaginaire du
système, ce qui était la source de nos maux. C'est ce privilège que la
reprise des sols lui a enlevé. Seulement ça.
S'il
renonce a cette volonté de spéculation, le concessionnaire exploitant,
producteur de bonne foi des biens qu'on attend du secteur primaire,
sera dans une situation meilleure que jamais pour remplir sa mission de
pourvoyeur de ressources naturelles pour la système de
production. S'il insiste, au contraire, pour se
percevoir comme le bénéficiaire de droit divin d'une rente sur ce que
la nature nous donne, il sera chassé du système. Si
la restitution a la société des biens fonciers n'est pas suffisante
pour l'en chasser, les autres mesures nécessaires seront prises pour
mettre les extorsionnistes hors d'état de nuire.
La
formule d'exploitation en concessions des ressources naturelles dont la
propriété demeure collective sera généralisée à toute la production du
secteur primaire. La façon de le faire, toutefois, variera selon le
niveau de développement du pays où une Nouvelle Société s’installe et
selon la nature de la ressources à exploiter. Productions minière et
agricole, par exemple, ont des problématiques différentes.
Dans
le sous secteur minier, les concessionaires sont d’énormes entreprises,
à forte intensité de capital (les garimpeiros du Nordeste brésilien
exploitant l’or à main nue sont une curiosité) … Dans l’agriculture il
y a aussi d’énormes entreprises, mais elles voisinent avec des millions
de petits agriculteurs qui n’ont qu’une parcelle de terre et des
millions d’autres qui n’ont rien du tout.
Quand
on prend à une société minières sa propriété et qu’on lui concède un
droit d’usage, on lui laisse une part de qu’elle avait déjà, puique ce
droit d’usage n’était qu’un élément de son droit de propriété ; quand
on concède un droit d’usage à des travailleurs agricoles on
ne peut que créer un droit de toute pièces, puisqu’ils n’en ont jamais
eu.
Quand on exige d’un concessionnaire du
sous-secteur minier qu’il vende sa production à l’État, il
veut souvent la vendre en cachette sur un marché où la demande
effective excède l’offre ; le petit producteur agricole fera
souvent des kilomètres à pied pour qu’on lui achete la
sienne. Le rapport des forces est différent.
Il
faut voir les sous-secteurs un à un.
Pierre
JC Allard
Vous
pouvez maintenant commenter cet article au BLOG
Nouvelle Société !
(Cliquer ici).
SUITE
