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L'État et l'individu


 

Nous avons parlé de démocratie et des mécanismes concrets qui en permettraient le fonctionnement satisfaisant. Il ne faut pas perdre de vue, cependant, QUE LA DEMOCRATIE N'EST PAS LA LIBERTE; ELLE EN EST SIMPLEMENT LA CONDITION SOCIALE ESSENTIELLE. La liberté se situe au-delà de la démocratie qui en est, en quelque sorte, l'antichambre. Il faut se battre pour l'avènement d'une vraie démocratie, mais sans perdre de vue un autre combat: celui qui fixe les limites de la démocratie.

Pas la frontière entre démocratie et absolutisme - on n'ira jamais assez loin dans la voie d'une démocratisation de ce qui est despotisme - mais la frontière qui sépare ce qui est "espace démocratique" de ce qui doit être "espace libertaire".

L'espace démocratique recouvre les droits et obligations sur lesquelles il faut s'entendre entre citoyens d'un État de droit; c'est l'espace de la loi qui assure le respect de la liberté de chacun. Quiconque n'accepte pas de se soumettre aux contraintes qui assurent le respect de la liberté des autres n'a pas sa place dans la société. .Cet espace est régi par l'État et ses créatures et il est essentiel qu'y prévale la démocratie. C'est cet espace dont nous avons parlé jusqu'à présent.

Mais cet espace démocratique est une construction sociale bâtie par la volonté de l'individu. La légitimité de tout pouvoir vient du consentement responsable de celui qui y est assujetti. Au-delà de l'espace démocratique, il y a l'espace libertaire où l'in-dividu exprime sa spécificité, son droit d'être différent des autres, ses appartenances multiples et le ce droit à la dissidence qui est une condition sine qua non de la liberté. Dans cet espace libertaire, qui recouvre tout ce qui ne porte pas atteinte aux droits des autres, l'individu responsable est souverain.

L'individu, dans l'espace libertaire, a le droit de faire tout ce qui lui plait et, sous réserve d'une compensation de dédit qui ne soit pas déraisonnable, de passer les ententes qui lui conviennent,. Il a le droit de déléguer comme il l'entend le pouvoir d'agir en en son nom, lieu et place. Une vraie démocratie reconnaît cette liberté de l'individu. Ceci entraîne l'émergence de "corps intermédiaire" issus de la volonté des individus et qui peuvent jouir sur les citoyens de l'autorité que ceux-ci leur ont conférée.

Si ces structures répondent bien à la volonté de ceux qui y adhèrent et n'empiètent pas sur les droits des autres, elles ont le droit d'exister. Ce droit leur étant reconnu, l'État doit accepter leur légitimité et utiliser la force dont il dispose pour que les décisions de ces corps intermédiaires soient appliquées. Ces structures de consensus ten-dront à se substituent aux structures générales qui sont des créations de l'État.

Dans une vraie démocratie, quand l'expression de la liberté ne porte pas atteinte à la liberté des autres l'espace démocratique doit reculer devant l'espace libertaire. Il faut donc prévoir la multiplication de ces corps intermédiaires. Ceci n'est pas une condition mais une conséqséquuence de la vraie démocratie... et une autre histoire. ("Une nouvelle structure du pouvoir" 709.html)

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Mémoire aux Etats-Généraux pour la réforme des institutions démocratiques (Québec)

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